19.04.2005

L'auberge du Caillou

MINUIT ! cria Milou. J'en peux plus...

Le vent résonnait et soulevait massivement le feuillage des vieux chênes qui nous protégeaient des premiers assauts de l’orage.

Le jour bleuâtre et velouté de la lune descendait dans les intervalles des arbres et poussait des gerbes de lumière jusque dans l'épaisseur des plus profondes ténèbres.

Par je ne sais quelle aberration mentale, nous avions pris un sentier sur la droite alors qu’il suffisait de continuer tout droit. Voilà des heures que nous nous étions perdus dans cette satanée forêt sans la moindre lampe torche ni la plus petite boussole.

Le doute s’insinuant dans les esprits, chacun a sorti sa carte d’état major pour donner son avis sur la question. Alors que nous souhaitions tous nous rendre au même endroit et disposions tous de la même carte, les opinions étaient très partagées sur la meilleure direction à prendre.

Personnellement, pour ne pas être en reste, j’ai fait part de mon point de vue avec beaucoup de conviction, ce qui nous éloigna davantage. Pourtant, je reste persuadé que si la direction que j’avais choisie avait mené là où elle devait mener, elle nous aurait conduit où nous voulions aller ! Je le dis comme je le pense. Et je peux vous dire que je dis toujours ce que je pense qu’il faut dire pour avoir l’air de dire ce que l’on pense. Car si on ne dit pas ce qu’on pense au moment où on le pense, on ne pensera plus ce qu’on dit au moment où on le dira. Qu’en dites-vous ?

Après deux heures de marche sans savoir où on allait, je les ai laissés faire car la fatigue de la marche avait émoussé leur bonne humeur et je les sentais peu disposés à suivre mes conseils. Que d’ingratitudes alors que je les avais conduits jusqu’ici sains et saufs !

Ces quelques kilomètres supplémentaires nous avaient éloignés davantage et nous avaient creusés un appétit d’ogre qu’il nous paraissait impossible de pouvoir rassasier un jour.

La Providence, qui a toujours eu pitié de mon estomac, m’a tendu la main une fois de plus. Au bord de l’épuisement et du chemin, nous aperçûmes enfin une auberge.

C'était, il faut le reconnaître, un établissement assez graveleux, dont le nom au dessus de la porte laissait supposer toute la rudesse du pays : Le Caillou.

Commentaires

Tout vient à point... à qui sait maîtriser le temps et en cela je suis un peu obligée... vu le titre de mon blog !

Bon et bien ce "caillou" m'a mis l'eau à la bouche, j'ai une faim de louve....
Tentée, j'ai pressé sur la bonne touche depuis le blog de cristal et vais donc d'un pas apeuré rejoindre mon lit bancal...

(Il est quand même minuit 39 !)

Ecrit par : wictoria | 19.04.2005

he bien, je vois que Victoria m'a précédé...brr je ne sais pas si je vais entrer dans cette auberge, ce n'est pas son enseigne qui me fait peur, mais l'adjectif que tu emploie pour la qualifier.... donc rendez vous ce soir a minuit pour voir si l'on fera bonne chère.....

Ecrit par : framboise | 19.04.2005

J'aime les traces...

Ecrit par : Prudence Beresford | 19.04.2005

Faut que je me prépare mentalement et je reviendrai.....

Ecrit par : bonaventure | 19.04.2005

eh!!! même pô peur d'abord!!! ya juste le bruit du vent que j'aime pas trop...

Ecrit par : viscountess sheshire kitten | 19.04.2005

Je frissonne de peur mais je reviens demain!

Ecrit par : Vlad | 19.04.2005

"Pourtant, je reste persuadé que si la direction que j’avais choisie avait mené là où elle devait mener, elle nous aurait conduit où nous voulions aller !"

J'aime beaucoup!
La suite, la suite ;)
Bises

Ecrit par : Meerva | 19.04.2005

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