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21.04.2005

Tombé du ciel

Le scieur maladroit n’avait pas terminé sa phrase qu’apparut en haut de l’escalier qui menait aux chambres de l’auberge une sorte de moine encapuchonné dont le visage exprimait la douleur personnifiée.

Nous étions encore sur le pas de la porte. Une bourrasque plus violente que les autres nous poussa à l’intérieur en claquant la porte derrière nous.

Le vent humide, glacial, pénétrant, cognait à présent avec une rage frénétique contre les fenêtres et le toit. Il hurlait dans la cheminée et se mit à pleurer dans les bouches d’aération. Une angoisse palpable rendit l’air irrespirable.

De toute évidence, l’individu qui descendait les marches lentement et péniblement était inconnu des occupants de l’auberge. Felix et les champions de l’apéritif étaient comme tétanisés et retenaient leur respiration. Seul Fulbert-Paterne réussit à dire « Merde » encore une dizaine de fois, chaque fois que l’homme descendait une marche.

Malgré l’orage et l’hostilité de la nuit, nous regrettions d’avoir pénétré dans cette auberge, mais lorsque je jetai un timide coup d’œil sur la fenêtre la plus proche, j’eus l’impression que des visages humains regardaient à l’intérieur. ...

Arrivé en bas des marches, l’homme quitta son sépulcral mutisme et dit « à boire ».

Ces deux mots, que tout le monde ici connaissaient parfaitement, eurent pour effet de détendre l’atmosphère qui en avait bien besoin.

Nous en profitâmes pour demander la même chose mais Fulbert-Paterne tapa du poing sur le comptoir en hurlant « Pas tout le monde à le fois, nom de Dieu ». Il enchaina par un chapelet d'injures, tantôt en français, tantôt en patois, et quelques fois en une langue parlée dans une peuplade dont on le soupçonnait d’être le seul membre.

Nous l'assurâmes que nous ne souhaitions l'incommoder en aucune manière et que nous patienterions tout le temps nécessaire

Les marathoniens du pastis approchèrent une chaise de l’inconnu qui s’effondra littéralement dessus.

Ses paupières se soulevèrent en grinçant, libérant un regard semblable à de la purée de marrons, un regard parti en enfer, et qui aurait laissé la garde des orbites à deux prunelles hébétées. Enfin, je veux dire le regard d’un homme pour qui ses traites impayées ne revêtent plus le même caractère préoccupant.

medium_moine2.jpgDès que son tremblement diminua, il se mis à parler sans interruption mais il parlait à voix si basse, si parfaitement inaudible, qu’il devait répéter chacune de ses phrases

En outre, il n’avait qu’une quantité négligeable de dents et l’on craignait à chaque instant de voir ses joues se prendre dans ses gencives.

Commentaires

Déjà "des visages humains regardaient à l’intérieur" c'est plutôt rassurant...
Mais qui donc est resté dehors alors qu'une si chaude ambiance règne dans le "caillou" où je me suis installée observant silencieusement cette salle fort bigarrée...

Ecrit par : wictoria | 21.04.2005

Et là, Aragorn decendant d'Isildur, hota son capuchon ! Non c'est pas çà ? bon ok, je prends la porte de la Taverne...

Ecrit par : Antony | 21.04.2005

Mais d'ou venait -il ce moine et que marmonnait -il surtout, et qui sont les gens qui sont restés à l'extérieur pour regarder le spectacle sous la pluie!!!
toujours des questions, mais moi aussi je veux savoir la Vérité.......

Ecrit par : framboise | 21.04.2005

@ Antony : toi tu viens de recraquer pour le retour du roi ! non ne prends pas la porte, on ne sait (toujours) pas qui est dehors !

@ Framboise : comme dans les dossiers X, la Vérité est ailleurs...ou demain ?

Mes amis, ce mister D. est diabolique...

Ecrit par : wictoria | 21.04.2005

Toujours pas rassurée mais je reviens pour la suite!

Ecrit par : Vlad | 21.04.2005

Monsieur"D", toutes mes félicitations, c'est SUPERBE ici ! Tu es doué je trouve...

Ecrit par : prudence beresford | 21.04.2005

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