03.05.2005
La peau de Monsieur "D"
J'écarquillais les yeux avec stupeur. Je n'étais nulle part, j'étais personne, je ne m'appartenais plus, je n'étais plus moi-même.... mais où étais-je donc si je n'étais pas dans ce foutu miroir ?
Un étourdissement me saisit sur place et je dus faire un effort pour ne pas tomber raide devant la fenêtre. Je me retournais lentement, précautionneusement, avec un effort démesuré. Je redoutais ce que j'allais découvrir et pourtant, je ne pouvais plus reculer, maintenant....
Derrière moi, la vieille comtesse nauséabonde se dirigeait avec vivacité maintenant vers la porte que j'avais franchie il y a peu de temps, qui me paraissait maintenant une éternité. Elle accueillait, les bras ouverts, l'homme qui m'avait conduit dans ce lieu maudit, celui qui avait tenu le chandelier pour éclairer mes pas hésitants... : monsieur "D" !!!
C'était lui qu'elle voyait tout à l'heure, lui à qui elle avait parlé d’Abrahel. Et si ce n'était pas à moi qu'elle avait dit toutes ces choses.... Je réalisais tout à coup que je n'existais probablement pas, ou, dans le meilleur des cas, ces gens ne pouvaient percevoir ma présence, faisaient comme si je n'existais pas, comme s'ils ne me voyaient pas !
J’avais craint un instant être rentré dans la peau de « Monsieur D » en traversant le miroir. Non, c’était beaucoup plus simple. Je n’existais plus. Peut-être cela va-t-il vous étonner, mais j’en ai ressenti un soulagement. Tout ; oui tout, plutôt que d’être devenu « Monsieur D ». J’étais seulement rentré dans un autre monde que je voyais évoluer autour de moi, mais dans lequel je n’existais plus.
De nombreuses personnes dignes de foi affirment, pour être passées par là, que les morts quittent leur enveloppe charnelle et flottent dans l’espace.
Pourtant, je n’étais pas mort. A aucun moment, je n’avais craint pour mon existence. Certes, elle avait pris un tour bizarre et plus qu’étrange dans les dernières heures, mais je n’étais pas mort. J’aurais pu le jurer devant Dieu et ses saints !
00:00 Publié dans La DERNIERE PARTICIPATION | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Donc, il a perdu son apparence charnelle en passant de l'autre coté du miroir, c'est pour cela qu'il ne voyait aucune image dans la psychée..
quel cauchemard!!!
a ce soit....
Ecrit par : framboise | 03.05.2005
Mon Dieu... il n'est pas dans la peau mais "hors la peau", pas de pot !
Ecrit par : wictoria | 03.05.2005
c'est encore plus grave que de glisser sur une peau de banane ce qu'il t'arrive, qu'est ce qu'on risque avec la peau de banane ?la jambe cassée;mais si tu vends la peau de l'ours avant de l'avoir payée...ouh la la
Ecrit par : la dame à l'hermine | 03.05.2005
J'avais un peu décroché de l'histoire ; la note d'aujourd'hui m'y raccroche.
Il y a d'ailleurs une apparence de paradoxe : le narrateur dit qu'il "n'existe pas". Et pourtant il ne "craint pas pour (son) existence". Et à y réfléchir, c'est normal. Le non-être ne peut s'inquiéter de sa propre non-existence, puisque justement il n'existe pas. Seul celui qui existe peut s'angoisser à l'idée de ne pas exister.
Ecrit par : Amiral Galactique | 03.05.2005
On ne peut pas mettre de commentaire sur le "monde virtuel" ... alors je me retourne dans la peau...
Réel, virtuel, tout se mèle c'est sûr... mais rien n'est plus important que l'évasion du moment !
Ecrit par : wictoria | 04.05.2005
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