10.05.2005
La basilique
Au loin, la basilique toute noire se détachait néanmoins sur l'horizon grisailleux quand, tout à coup, elle s'illumina de l'intérieur comme par magie. Et ce spectacle splendide me coupa le souffle et me fit oublier tous mes besoins. Elle était vraiment magnifique, cette basilique, avec ses vitraux baroques qui laissaient sur la lande désolée des taches de couleur comme peintes par un artiste qui aurait pris pour toile l'herbe verte et rase sur laquelle nous marchions maintenant.
C’était vraiment trop. Cette galère avait trop duré. Le froid, les gnomes, les monstres, les miroirs, ça ne pouvait plus durer. Il me fallait faire quelque chose. Je ne comptais plus les portes, portails, portiques et porches que j’avais franchis, les couloirs, corridors, galeries et conduits que j’avais parcourus, les escaliers que j’avais montés ou descendus. Des milliers de marches. Et c’était encore des marches qu’il me fallait gravir pour atteindre cette inquiétante et fascinante basilique.
De temps en temps je m’arrêtais pour mieux entendre le chuchotement résigné des feuilles qui tombaient, auquel répondait le lointain ressac de la mer qui s’écrasait au pied de ce vertigineux rocher.
- " Venez, ne traînons plus. Nous avons assez perdu de temps comme ça" me lança monsieur "D"
- " Nous allons finir par être vraiment en retard ! "
Il paraissait vaguement contrarié, et je renonçais définitivement à lui demander d'aller faire pipi quelque part, sur l'herbe de la lande, entre deux rochers. Un grand frisson de froid m'envahit de nouveau et j'essayais de penser à autre chose.
La basilique était maintenant très très proche de nous, et nous parvenions à distinguer, à travers le hurlement du vent et le froissement des feuilles, le son des grandes orgues qui entonnaient un cantique vaguement baroque qui ne ressemblait à rien que je connaisse auparavant. J'avais hâte de pénétrer à l'intérieur, seulement pour me mettre à l'abri du froid et des petits grêlons qui recommençaient à tomber en vagues hachées par le vent.
Pauvre de moi. Je n’aurais jamais du franchir le seuil de cette basilique.
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Commentaires
Si tu arrivais à trouver la porte qui mène au blog de cristal , tu serais sauvé, moi je la connais la porte ,alors j'ai moins peur que toi, je vis juste un passage du blog noir et clic, comme par magie je me retrouve du côté blanc...
D'aillleurs je m'arrête à: Je n'aurais jamais du franchir le seuil de cette basilique... Bouh, j'ai peur vite ,clic , le blog blanc,ouf...
A bientôt
Ecrit par : la dame à l'hermine | 10.05.2005
Le moins que l'on puisse dire (ou écrire), c'est que notre héros est mal barré dans cet endroit insensé !
Le moins que je puisse faire c'est de revenir lire avidement cette histoire à ne plus dormir...
Monsieur D. a mis tant de soin et de poésie à nous raconter cette cérémonie, qu'il me semble épouvantable d'abandonner ce récit, au seuil de cette baroquerie...
Merci, merci !
Ecrit par : wictoria | 10.05.2005
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