14.05.2005
Rihani
Une petite fille de l’assistance tirait sa mère par la manche. J’ai vu un bonhomme vert, j’ai vu un bonhomme vert hurlait-elle.
C’est ce criminel de Rihani qui paye pour les sacrilèges commis au milieu des cadavres exquis lui expliqua sa mère le plus calmement du monde.
Je regardai dans la direction que montrait la mère. Mon sang ne fit qu'un tour et je fus littéralement cloué par l'horreur en apercevant celui que l’on appelait Rihani. Sa figure était verte et elle ouvrait dans des paupières violettes, des yeux d'un bleu clair et froid, terribles; des boutons entouraient sa bouche; des bras extraordinairement maigres, des bras de squelette, nus jusqu'aux coudes, sortaient de manches en haillons, tremblaient de fièvre, et ses cuisses décharnées grelottaient dans des bottes trop larges.
Le laisser vivre me paraissait être la pire des punitions, la seule qu’il mérita. Cependant un groupe de gnomes dont la méchanceté rivalisait avec la laideur, s’amusaient à le torturer avec quelques compagnons de douleurs. Il y avait là une collection de corps rissolés sur des brasiers, de crânes décalottés avec des sabres, trépanés avec des clous, entaillés avec des scies et d’intestins dévidés. Les ongles de Rihani furent lentement arrachés avec des tenailles, ses belles prunelles bleu furent crevées et ses paupières violettes retournées avec des pointes. Ses membres disloqués furent cassés avec soin, les os mis à nu et longuement râclés avec des lames.
Les cris de Rihani étaient couverts par les chants des follets qui dansaient une ronde joyeuse autour de cette boucherie infernale.
Une forte odeur de viande cuite s'échappait des entrailles de Rihani.
J’étais en enfer ! Vous entendez ? J’étais en enfer hurlait l’inconnu de l’auberge du caillou, qui tremblait de tous ses membres, pris d’une agitation indicible.
Fulbert-Paterne réussit à le maintenir sur sa chaise.
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